lundi 20 octobre 2014

Obvious Child ou la question de l'avortement





Salut les amis de la franche rigolade, j'espère que ça va et que vous ne m'en voulez pas trop de ne poster une fois tous les cent ans en ce moment. Aujourd'hui, un article sur une comédie très drôle et maline que vous devez ABSOLUMENT voir, Obvious Child réalisé par Gillian Robespierre et avec la très très merveilleuse Jenny Slate (si vous ne la connaissez pas, checkez sa filmographie).
J'ai essayé de faire un article un peu plus court que d'habitude, plus synthétique, mais j'espère que c'est toujours compréhensible !
Le sujet m'intéresse beaucoup et m'agace puissance un million : j'en ai TELLEMENT marre de regarder une comédie où dès qu'une fille tombe enceinte, et souvent le fait qu'elle n'est clairement PAS PRÊTE pour ça est utilisé comme un ressort comique, elle se retrouve avec un bébé sur les bras comme si c'était la seule possibilité. Alors naturellement ça m'a fait plus ou moins exploser de joie quand j'ai vu ce film qui présente l'avortement comme ce qu'il est : une réponse à un problème, sans le recouvrir de pathos ou de mauvaise morale à deux sous.
En plus y'a des blagues de caca et de prout qui m'ont fait rire, alors que c'est mon deuxième type de blagues détestées, c'est pour vous dire !

Quelques liens -en anglais, pardon- pour aller plus loin :
- un article sur le trope de "la fausse couche pratique"
- un article sur le trope "les filles biens n'avortent pas" (très intéressant !)
- un article sur une autre possibilité dont je n'ai pas parlé ici, puisque c'est en rapport avec les "grossesses magiques" : le trope de l'avortement magique
- pendant qu'on y est, la vidéo sur les grossesses magiques de Feminist Frequency (sous titrée !)
- un article sur le film Knocked Up (Enceinte mode d'emploi) et son "oubli" de parler d'avortement 
- un article sur l'avortement à la télévision américaine 

Comme d'habitude, vous pouvez retrouver cet article sur mon tumblr !

Voilà voilà, j'espère que ça vous a intéressé et je vous dis : à plus dans le bus, je vous prépare un article SUPER FUN alors j'ai hâte !

EDIT : Je réponds à deux critiques qu'on m'a faites : 
1. Non non non, je ne prône pas l'avortement DANS TOUS LES CAS, naturellement ! Cet article n'est pas un pamphlet anti-bébé, allons donc. Simplement, je critique le fait que l'avortement soit SYSTEMATIQUEMENT "oublié" dans les films/séries (US ou françaises, d'ailleurs, hein), ce qui le diabolise complètement. L'avortement est une possibilité qui, lorsque la grossesse est un problème, devrait toujours être considérée ; il faut que la fille puisse choisir sans être influencée et en étant informée (comme dit dans ce film d'ailleurs).
De plus, si je dis qu'il est super que Donna n'hésite pas à se faire avorter, c'est parce que pour une fois, on montre un cas qui ne l'est jamais. Et en montrant toujours des filles qui se disent "ohlala mais je vais tuer mon bébé si j'avorte ce serait trop cruel en plus il a des ongles" (ce qui est faux d'ailleurs), et ben celles qui, dans la vraie vie, n'hésitent pas une seconde (parce que oui, il y en a, comme il y a celles qui se posent la question et celles qui n'hésitent pas à continuer leur grossesse) risquent de se dire qu'elles sont des monstres de ne pas penser la même chose. C'est dangereux, et c'est ça que je veux dire quand je célèbre cet aspect du film. 

J'ai rajouté une petite bande dans la BD pour préciser ça. 

2. On m'a aussi dit que je prônait une injonction au couple et à l'attirance romantique pour avoir un enfant : pas du tout ! Au contraire, je critique l'injonction au couple qui se trouve dans ces films. Dans la quasi totalité des films, les gens se retrouvent à devoir se marier, alors qu'ils ne s'apprécient pas plus que ça, pour élever un bébé dont ils n'ont pas envie. ARG ! Pire chose ; on nous dit "si tu tombes enceinte, tant pis pour toi, tu dois te sacrifier et épouser ce type que tu trouves un peu bof et vous allez vous occuper d'un enfant dont vous ne voulez pas, c'est pour son bien !". C'est un très mauvais message ! Qui est faux ! Et qui est, lui, très discriminatoire des parents seuls ou asexuels/aromantiques. 
D'ailleurs, j'ai surtout insisté sur le fait que les personnages NE VEULENT PAS D'ENFANT, et si je souligne l'aspect "elles n'aiment pas le futur père", c'est en corrélation avec ce point. Mais peut être que ce n'étais pas assez clair, alors je le souligne. 

Voilà voilà !




37 commentaires:

Clot a dit…

Excellente note, comme d'habitude, et tu synthétises très clairement, pas de souci :)

2 articles en français qui abordent également cette question :

L'IVG, sujet délicat des séries US, par Pierre Sérisier dans le blog « le Monde des séries »

L’avortement : le tabou des séries américaines, par Carole Boinet dans les Inrocks.

Nina a dit…

Je ne vois pas trop en quoi "ne pas hésiter à avorter" peut être un "hourra" (je veux dire, c'est bien d'hésiter, non ? hésiter, c'est réfléchir). Mais bon sinon article surcool, hein, merci.

Anonyme a dit…

Je te conseille la série Transparent (avec aussi Gaby Hoffmann). Je pense que ça te plairait.

Social Justice Warrior a dit…

Nina> Ce n'est pas qu'elle ne réfléchi pas, c'est plutôt qu'elle est sûre de sa décision, et qu'elle n'a pas de débat intérieur "est-ce que je tue mon bébé qui a une âââme et des ongles??" etc... Je trouve que c'est plus réaliste, en fait.

Anonyme a dit…

Excellente note, comme d'habitude.
Ceci étant dit, il serait injuste de ne s'en prendre qu'aux comédies US.
Un très bon papier de Samuel Gontier dans Télérama paru la semaine dernière, rappelle qu'avec une Famille Formidable, TF1 s'est employé à démontrer à quel point garder un bébé quand on a 16 ans est le MEILLEUR choix possible et puis de toute façon, le seul aussi.
Les téléfilms français, en particulier sur Tf1, n'ont donc rien à envier aux comédies US où à Desperate Housewives où dans la saison 1, l'existence même de l'avortement était tout simplement ignorée. Cette possibilité n'existait tout simplement pas!

Anonyme a dit…

Je me souviens qu'"Urgence" avait abordé le sujet d'une manière intéressante dans la saison 12.

Klavel a dit…

Pfouh, j'ai raté ce film mais ma mère et moi comptons le voir! Très chouette analyse en tout cas, comme les autres! J'adore ce que tu fais!

Et à ma môman qui m'a toujours dit que l'avortement était normal, pas forcément traumatisant et qui m'a appris à être une femme forte et féministe, si tu passes par là: JE T'AIME!

Anonyme a dit…

Arf bonne note, je suis pour le droit à l'avortement. Mais que ne pas prévenir l'homme avec qui elle à eu son rapport et qui est du coup logiquement le père biologique de l'enfant, que cette décision vous la considériez comme une bonne chose me choque un peu, un enfant ça se fait à deux. Je pense qu'il devrait avoir voix au chapitre.Il pourrait très bien vouloir le garder, lui. Après je n'ai pas vu le film alors je tempère ma réaction. Tchouss

Anonyme a dit…

Je ne sais pas...je suis bien sure pour l'avortement mais cette vision un peu unilatérale du truc me dérange. Comme si , parce qu'on n'a pas de travail , qu'on est jeune et célibataire on ne devrait pas décider de garder le bébé, on ne devrait pas avoir ce débat interieur et ne pas hésiterà avorter. C'est quand même pas rien tout ca...ca ne doit pas selon moi etre une décision simple à prendre. De plus la réaction de la maman par exemple ("Ouf!") est quand même un peu dérangeante à mes yeux. Ca reste une épreuve et je peux comprendre qu'un ado même paumée, même instable ne puisse se résoudre à choisir d'avorter. C'est un débat compliqué délicat et effectivement le traitement de l'avortement dans les comédies américaines est à pointer du doigt mais cet article donne également un point de vue assez tranché. Trop tranché à mon gout. Voilà c'était mn point de vue, bonne journée :)

Anonyme a dit…

Bonne idée de note au départ, mais ton idée que l'avortement serait le seul choix logique et raisonnable pour ces filles me choque un peu. C'est l'exact inverse de ce que tu dénonces, mais au final c'est le même mécanisme : tu ne sembles pas trouver légitime qu'une fille qui n'a a priori rien pour élever un bébé décide de le garder. Tu la prives aussi de son droit à choisir. Ma mère travaille comme conseillère conjugale et familiale dans un centre qui pratique des IVG. Des filles "pas prêtes" mais enceintes, elle en voit tous les jours ou presque. Et le choix n'est pas aussi évident qu'il semble l'être pour toi. Elle m'a toujours dit qu'on ne sait jamais, qu'on peut être sûre de vouloir un bébé avant de tomber enceinte et s'apercevoir ensuite qu'en fait non. On peut aussi être sûre de ne pas en vouloir et s'apercevoir au final qu'on a envie de le garder. Tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne sait pas comment on réagira. Du coup il ne faut pas juger les autres à l'aune de ce qui nous semble la réaction "logique". D'autant que ce n'est pas une décision qui se prend sur des critères "logiques".
Certaines décident vraiment après une véritable réflexion de garder leur bébé alors qu'elles ne semblent pas en avoir les moyens. A te lire, elles auraient forcément tort et seraient forcément en train d'hypothéquer leur vie et celle du bébé. N'est-ce pas une position aussi réductrice que celle qui n'envisage même pas l'avortement ? N'es-tu pas en train de décider toi aussi à leur place ?
Ceci dit, les comédies US traitent terriblement mal le sujet, on est d'accord !

Mirion a dit…

Ola ! Merci à tous pour vos critiques et vos conseils !

Et pour les personnes qui me disent que je prône l'avortement comme seul choix, pas du tout du tout !
En fait, je critique ici l'oubli SYSTEMATIQUE du choix de l'avortement dans les films, qui va complétement dans un sens pro-life : on ne prononce pas le mot, on fait comme si cette possibilité n'existait même pas.
De mon côté, il me semble que je le dis dans l'article, je pense que l'avortement est une possibilité qui devrait toujours être considérée quand la grossesse est un problème (que ce soit parce qu'on ne veut pas d'enfants ou qu'on est pas en situation pour en avoir, par exemple les ados de 16ans). Bien sûr que je ne pense pas que chaque femme qui tombe enceinte sans être stable dans son couple, dans sa vie ou financièrement devrait à chaque fois avorter ! Mais je pense très fort que c'est dangereux de zapper cette option à chaque fois dans les films, parce que ça va BIEN SÛR avoir de l'influence dans la vraie vie.

Ce que j'applaudis ici, c'est le fait que pour une fois, on nous montre une fille qui n'hésite pas à choisir l'avortement, parce qu'elle sait qu'elle ne veut pas d'enfants et donc elle suit sa logique (contrairement à tous les autres films, même quand on insiste bien que le perso NE VEUT PAS d'enfants mais que ok elle va quand même le faire). Je ne dis pas qu'il faut que toutes les filles n'hésitent jamais, mais montrer pour une fois cette situation, ça fait du bien !
Parce qu'il y a des filles qui n'hésitent pas du tout et que l'avortement n'a pas à être à chaque fois un énorme et pesant dilemme moral.

Et d'ailleurs, ce qui est aussi un bon point du film, c'est que la doctoresse dit qu'il faut qu'elle soit sûre que sa décision ne soit pas influencée et qu'elle soit bien informée.
Quelqu'un dit plus haut qu'un "bébé ça se fait à deux" : oui, justement, et étant donné qu'ici une des parties est sûre qu'elle n'en veut pas, il n'y a pas de débat à avoir. Du coup, son questionnement sur "est ce que je lui en parle ou non ?" me semble tout à fait légitime.

Bref bref, j'espère que j'ai été claire ! :)

Kaywinnit a dit…

Même chose que les commentaires au-dessus, je suis un peu gênée par cette histoire de choix logique. Parce que vu de cette façon, ça reviendrait, comme d'autres l'ont souligné, à condamner d'office les femmes qui poursuivent leur grossesse alors que trop jeunes, célibataires, instables, etc., mais aussi à considérer qu'en revanche, une femme en couple stable, avec des revenus suffisant et dans la bonne tranche d’âge, n'aurait aucune raison "logique" de vouloir avorter…

Je sais bien que ce n'est pas ce que tu veux dire, évidemment, mais je pense qu'il est dangereux de vouloir ramener l'avortement à la logique, même si elle doit aussi être prise en compte. L'avortement est un droit et aucune femme ne doit être condamnée pour son choix, qu'elle décide d'y avoir recours ou non.

Pour en revenir au sujet de départ, je pense que le souci en fait, c'est davantage le fait que l'avortement ne soit pas évoqué ou diabolisé, comme tu le soulignes bien, plutôt que le fait que l'héroïne n'y ait pas recours. Dans tous les exemples que tu donnes, c'est ça le problème en fait : l'héroïne a tout à fait le droit de vouloir poursuivre sa grossesse (sinon, hé, y aurait pas de film) mais ce serait bien de nous expliquer un peu mieux pourquoi, en évoquant la possibilité de l'avortement et sans diabolisation. D'arriver à dire, en gros : oui, elle aurait tout à fait pu avorter et il n'y aurait eu aucun problème à ça, mais là dans ce cas précis, il se trouve que notre héroïne n'a pas fait ce choix parce que [insérer une raison].
Surtout quand, comme tu le soulignes, la logique voudrait justement qu'elle avorte : c'est d'autant plus nécessaire de prendre ça en compte et de souligner qu'effectivement, l'avortement aurait été sans le choix le plus rationnel et que la décision de l'héroïne diffère de ce à quoi on aurait pu s'attendre. Alors que là, on a l'impression que c'est l'inverse : le fait de garder le fœtus est présenté comme la solution par défaut, et c'est l'avortement qui serait le choix "anormal".

Bref, pardon, je suis trop longue, mais pour résumer, je crois qu'on sera d'accord pour dire que 1) les œuvres de fiction devraient présenter l'avortement comme un choix valable et légitime, quelle que soit ensuite la décision que prend le personnage, et 2) quelle que soit sa décision, une femme n'a pas à être condamnée pour le choix qu'elle a fait.

Kaywinnit a dit…

Ah bah voilà, j'ai mis tellement de temps à taper mon commentaire que j'arrive après ta réponse, qui répond à ce qui a été pointé de façon très claire !

Merci en tout cas pour cette note, parce que bon, on ergote et on pinaille sur du détail, et on oublie de dire que tu fais vraiment du chouette boulot sur un sujet vraiment nécessaire !
Et merci de m'avoir rappelé que j'avais très envie de voir Obvious Child aussi, d'autant plus après avoir lu ce que tu en dis !

Juliette a dit…

Super strip, bravo :)

MAis sinon il y avait un exemple top (mais peut etre que tu ne regardes pas la série) : The Walking Dead !

SPOILER ALERT (ne lisez pas en dessous si vous ne voulez pas vous faire spoiler la saison 2)

La madame choisi tout de même de garder le bébé, et de le mettre au monde dans un monde submergé par les zombies et les gens qui deviennent fous à cause de la catastrophe.Oui oui.
Mais vous comprenez, l'avortement, c'est mal.

Anonyme a dit…

Bonjour! Je rejoins les autres commentaires sur l´idée de ne pas tomber dans l´exces inverse et considérer les filles qui au premier abord n´ont pas le "profil" pour mener leur grossesse à terme comme stupide de ne pas avorter.
Mais en fait je voulais réagir sur l´exemple de Juno cité, car j´ai trouvé interessant car parlant d´une possibilité peu connue (en tt cas pour moi) et rarement traitée: de donner son enfant à une famille adoptive. Le choix n´est pas non plus facile j´imagine et j´ai trouvé ca bien traité (honnetement je pensais qu´au dernier moment ils allaient lui faire changer d´avis etc, ce qui aurai gaché le film)
Sinon je n´avais jamais prété attention au fait que l´avortement est tabou dans la majorité des films, mais maintenant que tu le dis...merci de m´avoir ouvert les yeux!

Jouny D. a dit…

Article très pertinent. Cependant, je tenais à signaler une série US qui fait exception au tabou de l'avortement : Friday Night Light dans sa dernière saison, se place clairement du côté d'une jeune fille qui fait le choix d'avorter avec le soutien de sa directrice d'école et montre mer combat difficile dans la société pro-Life du Texas.

DreamRain54 a dit…

Une série qui m'a tellement fait plaiz sur le sujet de l'avortement : Skins dans la saison 2. Une fille tombe enceinte de son copain, elle a seize ans, le copain en question vient à mourir, et, non, elle le garde pas. Elle fait un choix qui est présenté comme très difficile mais aussi raisonnable. Alors que dans la saison 6, même scenar, une fille tombe enceinte et y a pas du tout cette notion de choix...

Mahaut a dit…

J'adore ton blog ! Vraiment super tes articles, même quand je ne suis pas tout à fait d'accord. Bisous, chouquettes et bonne continuation !

Anonyme a dit…

Bonjour,

Ta note prône surtout une vision. Mais pas le choix. Le choix ou non de le garder, parce qu'au final, on s'en trouve bien ou aux USA surtout, de le donner à adopter, si dur soit-il.

On est pas OBLIGER d'avorter, mais on peut y réfléchir à deux fois, et donner son enfant à adopter à des personnes qui ne peuvent en avoir et aussi très beau (Juno et moi je suis dans ce cas, no kid possible par moi-même).

Voilà pour le petit commentaire.

Et sinon j'ai enfin trouvé le dessin animé de mon enfance " la Reine des Neigesé de 1957 ! très enfantin pour les kids de nos jours, mais merveilleux pour moi.

Social Justice Warrior a dit…


Pour Juno, c'est quand même un peu grave: l'argument "le bébé a des ongles", c'est faux, le fétus n'a pas d'ongles, et ce n'est pas un bébé, c'est argument pro-life. Et sa grossesse n'a quasi aucun impact sur son parcours scolaire ce qui n'est pas souvent le cas dans la réalité. Je sais c'est une comédie, mais vraiment, ce n'est pas un choix que je conseillerai à la légère à une ado de 16 ans. Le film peint tout ça avec mille couches de rose par dessus, et dépeint plus la question de "est-ce qu'il faut qu'elle donne son bébé", que l'impact réel qu'aurait une grossesse sur sa vie.

Maadiar a dit…

Avoir un gosse = Bon gros POIDS (sympa, oui oui, mais GROS POIDS). Cela dit, je comprends mal quand même le "Hourra elle hésite pas une seconde à avorter". Putain ça reste un geste lourd. J'ai du mal à l'associer à "Hourra elle a pas hésiter une seconde"... C'est bien d'hésiter parfois. Ne serait-ce que pour savoir ce qu'on veut vraiment.

Laura a dit…

Il est chouette ton article :)
Et ton blog aussi !

Je me permets d'ajouter Sex and the City : Samantha dit avoir avorté deux fois, Carrie une, aucune ne regrette, et Miranda change d'avis au dernier moment pour garder le foetus. La manière dont c'était tourné ne faisait pas "pro vie" puisque dans la discussion deux disent avoir avorté, et celle qui change d'avis le fait parce qu'elle a des soucis de fertilité et qu'elle a la trouille de ne jamais pouvoir retomber enceinte.

Il y a aussi Grey's Anatomy où Christina avorte parce qu'elle ne veut pas d'enfants, tout simplement.

Je crois que le pire que j'ai vu c'est Desperate Housewives : Gabrielle et l'escalier + 2 grossesses non désirées, Danielle et la fausse grossesse, Susan qui harcèle sa fille pour qu'elle élève un enfant dont elle ne veut pas, Et Lynette qui préférerait avoir un cancer ...

J'avais aussi été horrifiée par Private Practice (pourtant Shonda Rhymes), où Charlotte ne veut pas d'enfants, tombe enceinte de triplés et prie pour les perdre parce qu'elle ne "peut pas avorter" ("je n'ai pas d'excuse" : elle a un mec et un job).

PAUME-VISAGE

Jeanne a dit…

Cool article, comme d'habitude - tu synthétises parfaitement la situation et tu décris bien les atouts du film - ça m'a vraiment donné envie de le voir, et c'est chouette qu'il existe ! On a besoin de plus d'exemples sur la question.

Par contre je me joins au concert de voix qui te conseillent de faire attention à la "logique" du problème. D'un point de vue personnel, l'avortement devrait absolument être proposé, et les femmes conseillées et soutenues dans ce choix. Logique n'est juste pas le bon terme. Choisir d'avoir un enfant ou de terminer une grossesse n'est jamais logique. Soyons clairs, dans notre société moderne, il serait même logique de ne pas avoir d'enfants du tout (ce qui est un choix valable, bien sûr.)
L'exemple de Juno est en fait biaisé : sa décision est assez mature, quand tu y penses - elle refuse de passer par une étape qui serait, pour elle, traumatique, et elle choisit le meilleur pour l'enfant, le faire adopter (même quand le père adoptif se casse, elle choisit de confier l'enfant au parent restant, ce que je trouve assez cool parce que c'est une bonne défense des parents célibataires).

Voilou ! merci pour ton article :)

Jeanne a dit…

Mince, j'ai oublié un truc!
En relisant ta réponse, une idée me gêne : celle que "certaines filles n'hésitent pas du tout".
Elle me gêne non parce que c'est faux, c'est tout à fait possible, mais la vérité c'est que je n'en sais rien et toi non plus, et cela vaut que toi et moi ayons fait l'expérience d'un avortement ou pas.
Le problème dans ce débat, c'est qu'il est tellement intime qu'on ne peut pas vraiment en parler de façon neutre si on ne l'a pas vécu. Et même si on a été dans cette situation, on peut seulement parler de son ressenti, de sa décision.
Je pense qu'affirmer qu'un choix est logique plutôt qu'un autre, et que certaines personnes hésitent ou n'hésitent pas, font le deuil d'un enfant ou ne le font pas, c'est déjà prendre position. Et dans ce cas précis c'est prendre le risque d'influencer une décision qui ne devrait appartenir qu'à celle qui doit la prendre. Mais je sais que ce n'est qu'une maladresse de ta part, et que tu es de cet avis aussi. :)

Anonyme a dit…

Peut être que Shonda Rhymes veut ici montrer le poids que subissent les femmes dans la société américaine : J'ai un.job, un pec, je ne peux pas avorter.. Apres je ne regarde pas Private Practice mais pour mater GA je n'ai pas l'impression que Rhymess'inscrive dans cette logique puritaine qu'ont malheureusement beaucoup de séries.

Margaux Pradeilles a dit…

Super article, je me joins a tous. Peut-etre que certains commentaires sont un peu forts, mais c'est un article pour faire rire, et l'idee generale a du sens et tout n'est pas a prendre au premier degre, donc merci! :)
Dans le style films catastrophe, je me permet de mentionner "what to expect when you're expecting", oú Anna Kendrick couche avec Chace Crawford sur le capot de la voiture. Elle decide de le garder et lui reste avec elle juste pour ca, gros cliche. Elle perd le bebe et au final ils n'etaient absolument pas prets pour avoir un enfant, ils n'etaient meme pas un couple!! Voila, apres des cliches y'en a partout, en France aussi. Moi je vis en Argentine et la plupart des meres ont entre 16 et 24 ans. L'avortement est legal dans des cas treees particuliers, et c'est complique comme sujet. Simone Veil, merci, bientot 40 ans que c'est legal et encadre, et discute en France!!

Tam a dit…

Hello!
Beau post, très clair et précis. Je comprends que certains se sentent un peu choqués vu la manière dont tu exposes ton point de vue mais au final je suis complètement d'accord avec toi.
Une chose qui m'a fait tiqué dans les comm c'est quelqu'un qui disait que tu n'en savais rien si c'était un choix facile à faire ou pas.
Et ben voilà, je te le dis, moi je me suis fait avorter une fois, ma soeur aussi (oui ok, on est pas prudentes, mais ça n'est arrivé qu'une fois) et une de mes copines va en faire une la semaine prochaine. Et ben à aucun moment on a eu un flottement en mode "je le garde, je le garde pas". Non pour nous on s'est juste traitées de boulet et d'idiote parce que ça allait nous faire perdre du temps et poser un jour de congé mais aucune réflexion sur la vie ou le bébé ou autre. Je n'en voulais pas à ce moment-là donc adios, pas besoin de réfléchir. C'est vrai que j'ai bcp de mal à comprendre pourquoi prendre la décision d'avorter pourrait être difficile. Tu ne veux pas d'enfants (maintenant ou jamais) donc tu avortes, CQFD. Bref pour moi c'est logique.
Je voulais te défendre un peu parce que mon expérience et celle de quelques filles qui m'entourent prouvent qu'on est pas toutes tiraillées par ça.
Bises et bonne continuation!

Anonyme a dit…

Ce serait cool de parler de Desperate Housewives aussi, où les 3/4 des grossesses ne sont pas désirées, et où la question de l'avortement n'est même pas suggérée !

Frau Blut a dit…

Coucou

Bon de base, j'adore ton blog, et j'ai même réussi à faire comprendre des personnes non-initiés aux questions du sexisme grâce à tes posts.
Mais pour la premiére fois, j'ai un petit probléme dans ce post. Y a une sorte d'injonction au couple et à l'attraction romantique qui m'a un peu gêné. Et c'est vraiment dommage. C'est comme si une femme ne pouvait pas être mére si elle était célibataire. C'est un peu violent pour les méres célibataires et les femmes qui décident d'avoir des enfants seule, s'en sortent trés bien et sont de trés bonnes méres (On a tous/toutes des exemples dans notre entourage de femmes comme ça je pense). Penses-tu véritablement qu'on ne puisse pas être mére si on fuit "l'engagement" ou si on "quitte son mec quand ça devient sérieux" ? Dans ce systéme alors, les personnes asexuelles et/ou aromantiques ne peuvent pas vouloir des enfants, et je trouve ça excluant ...

Voilà voilà ...

Mirion a dit…

Ohlala non, je ne critique pas du tout le fait de vouloir un enfant tout-e seul-e !! Au contraire : je mentionne cet aspect des perso car les films les poussent complètement à se mettre en couple pour élever le bébé ! Par exemple, le film Knocked Up dont c'est clairement le sujet : on pousse deux perso qui ne s'apprécient clairement pas a se marier pour élever un bébé dont ils n'ont pas envie ! Je trouve ça complètement stupide et dangereux, cette idée de "sacrifie toi, tu ne veux pas d'enfant, tu n'aimes pas ce type mais TANT PIS POUR TOI, il faut te marier et garder le bébé eeeeet oui deso !". Aaaarg !
Enfin voilà, mince, je ne voulais vraiment pas faire passer un mauvais message avec lequel je ne suis pas d'accord.

Sylvain Chuzeville a dit…

A-t-on vraiment besoin d'une "norme" selon laquelle évoquer dans la fiction les différentes situations de la vie ? La variété ne pourrait-elle pas suffire ? La fiction n'a-t-elle pas aussi un rôle à jouer en montrant les réticences et les blocages d'une partie de la société ?

Roxanne B. a dit…

Je me disais "Tiens ça fait longtemps que Mirion a pas posté non" mais non c'est moi qui suis toujours à la ramasse. Tu m'as donné envie de voir ce film, je vais le mettre sur ma petite (non en fait énorme) liste de films à voir.

Ça n'a rien à voir avec l'avortement, mais plutôt avec la notion de couple qui s'intalle et qui fait un enfant : ça me fait penser à Seul au monde, avec Tom Hanks, que j'ai revu il y a quelques mois, et dont la morale très rétro m'a beaucoup choquée. Je sais pas si tu l'as vu donc je préfère ne rien spoiler.

Clementine a dit…

Merci pour tes articles que j'ai toujours beaucoup de plaisir à lire. C'est vrai qu'il est difficile de nuancer son propos quand on défend une idée contre l'avis général. (Les gens "rageux" extrapolent facilement!)
Tu te montres très ouverte d'esprit et c'est vraiment génial. Continue!

Caro Bleue Violette a dit…

Merci Mirion pour ce billet :-)

Faut vraiment que je vois ce film alors parce que moi aussi, la représentation de l'avortement à l'écran m'agace ! D'ailleurs Juno m'a agacée avec ce passage où elle se rend à la clinique.

Je suis une nullipare convaincue, je ne veux pas d'enfant, et si jamais je tombais enceinte par accident, je n'hésiterais pas une seconde à me faire avorter... eh bien il faut voir la réaction des gens quand je dis ça ! Hallucinant !

C'est quand même dingue qu'à notre époque, on soit encore obligé d'expliquer que l'IVG est un droit, le droit de disposer de notre propre corps, un choix qui ne regarde personne d'autre que nous (et non, pas même le géniteur) et que ce n'est en aucun cas un meurtre. Ce n'est pas un acte anodin, bien entendu, mais j'en ai ma claque qu'il soit sans cesse diabolisé.

Bref, un sujet qui me parle, comme tu peux le constater ! En tout cas, même si je ne commente pas souvent (me semble même que c'est la première fois ?), j'apprécie beaucoup ton blog :-)

Toc a dit…

La solution est pourtant simple voyons : arrêter le cinéma américain. Je te conseille le village du péché, un film soviétique des années 20 en noir et blanc sur la grossesse d'une femme violée par son beau-père pendant que son mari est parti faire la guerre. Plus féministe, tu meurs.

(comment ça le sujet du post portait sur la représentation de l'avortement dans le cinéma américain (et français) ? Oups... ^^)

Anonyme a dit…

Je suis désolée, mais avorter, c'est tuer un futur bébé, c'est-à-dire un futur adulte. Si ma mère avait avorté, je serais morte. Et je ne vois pas quels arguments on peut opposer à cela (je ne suis cependant pas en train de stigmatiser les femmes qui avortent, j'exprime juste mon point de vue).

de passage a dit…

Juste pour info, j'ai entendu dire que si Juno renonce à avorter quand elle entend parler d'ongles, c'est parce que sa belle-mère, qu'elle aime beaucoup, travaille dans la manucure. Ce non-argument a un sens particulier pour elle: une autre personne n'aurait probablement pas eu la même réaction.